Mise en marché des
jeunes chevaux de 3 ans
vers les centres équestres et leurs cavaliers


Alors que le contexte économique actuel est difficile pour la commercialisation de nos jeunes chevaux, l’ANSF s’est rapprochée du GHN et des centres équestres pour créer un nouveau débouché, pour une certaine catégorie de chevaux d’élevage. Nous le savons tous, certains de nos jeunes chevaux n’ont pas les qualités sportives espérées pour devenir de grands crack et le gros de notre production est orienté pour satisfaire une clientèle amateur sportive.
Ainsi notre production doit répondre aux attentes d’une catégorie de clients des centres équestres, désireuse d’acquérir un jeune cheval, qu’elle ne pourrait pas forcément s’offrir plus tard, après deux à trois années de valorisation chez un cavalier professionnel.
C’est aussi, pour les centres équestres, le moyen de se différencier en proposant un nouvel objectif à leurs cavaliers clients :
acquérir un jeune cheval et l’accompagner dans sa formation.

 Rassemblement les 27 et 28 novembre 2011, à chazey sur ain


Rassemblement les 27 et 28 novembre 2011, à chazey sur ain

Le projet a reçu officiellement le soutien du GHN lors de son Assemblée Générale en début d’année. La FFE est également impliquée, et soutient les démarches. Enfin, la commission Commercialisation de la SHF a voté à l’unanimité « Pour » le projet lors de sa réunion du 8 juillet dernier. Cette décision a été entérinée par le Conseil d’Administration de la SHF du 19 Juillet 2011.

Prévu pour débuter en fin d’année, le projet va être lancé sur 3 régions pilotes : Bourgogne, Franche-Comté, Rhône-Alpes. Le site choisi sera le site de Chazey à coté de Lyon très bien desservi géographiquement, la région Rhône Alpes étant la deuxième région de France après la région parisienne en terme de licenciés. L’emplacement géographique de Chazey permet également d’attirer les clubs du sud de la France.

L’ANSF et le GHN ont été à l’initiative du projet et Mr Chauvin, président de l’ANSF, a participé à l’ensemble des réunions qui se sont tenues depuis quelques mois avec la participation deMr Sagot directeur du GHN, les marchands de chevaux représentés par R Maury, la FFE, et dans un deuxième temps tous les intervenants régionaux (GHN, CRE, associations régionales d’éleveurs concernées) et il nous explique ici la teneur du projet.


Comment est née cette idée ?

Yves Chauvin :« Nous travaillons dans la région Bourguignonne depuis longtemps avec C. Dutertre qui est un membre du Conseil d’Administration du GHN. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois pour imaginer ensemble un moyen de rapprocher les éleveurs et les centres équestres tout d’abord dans notre région. Toutes ces réflexions ont été longues car nous avons voulu rassembler toutes les composantes de la filière autour de ce projet. Rapidement, nous nous sommes rendus compte que nous devions étendre notre territoire géographique et associer d’autres régions à notre projet. Nous avons intégré rapidement la chambre syndicale des marchands de chevaux et la FFE dans nos débats, car sans objectif sportif clairement défini, l’implication des clubs et des cavaliers de centres équestres nous paraissait indispensable.Depuis la création de la Société Mère, nous avons fait part de toutes nos avancées sur ce projet à la commission commercialisation de la SHF.

Rassemblement les 27 et 28 novembre 2011, à chazey sur ain

Nous sommes partis de plusieurs constats : tout d’abord, la préoccupation principale de nos éleveurs est la vente de leurs produits le plus rapidement possible dès l’âge de 3 ans. Dans un contexte économique difficile, avec une demande ayant évolué vers des chevaux clés en main, il est essentiel de trouver un débouché rapide a nos éleveurs. Dans le même temps, les centres équestres qui s’orientent vers la compétition et le sport loisir qui forment le gros de leur clientèle sont en recherche de chevaux de meilleure qualité pour remonter leur cavalerie, proposer un nouvel objectif sportif de formation à leur cavalier, former des jeunes chevaux à commercialiser à leurs pratiquants. En effet, certains de leurs cavaliers ont envie d’acquérir un jeune cheval, de le faire progresser et de progresser avec lui. D’autres pourront aussi confier au centre équestre la formation de ces jeunes chevaux. Actuellement, acheter un 6 ou 7 ans « clé en main » peut être trop onéreux, voir inaccessible. Ce marché potentiel est encore insuffisamment exploité : a donc émergé l’idée de mettre en relation, en confiance, les éleveurs de chevaux de sport, les centres équestres et la clientèle des centres équestres autour de la valorisation et de la commercialisation du cheval âgé de 3 ans. Avec ce programme, nous offrons la possibilité aux cavaliers de clubs d’acquérir un jeune cheval de 3 ans, et de le travailler. Nous avons assez vite rédigé un 1er document de travail sur le projet, à partir de ces idées. Le GHN a présenté ce document lors de son Assemblée Générale, en début d’année, et le projet a reçu son soutien. »

Concrètement, quel est le déroulé du projet de rapprochement entre les centres équestres et les éleveurs ?

Yves Chauvin :« Tout d’abord, nous allons devoir déterminer une liste de centres équestres, écuries de propriétaires potentielles, ciblées et motivées à participer à ce programme. Nos partenaires du GHN auront en charge cette identification.Du côté éleveurs, il faudra également que nous déterminions quels éleveurs peuvent prétendre au programme. Il y a actuellement une demande de plus en plus forte de reconnaissance d’une professionnalisation de notre filière, nous en tiendrons compte. Adhérent ANSF, aux autres races de chevaux de sport français, aux associations régionales d’éleveurs concernées,cela ne fait aucun doute.Quant aux chevaux, un critère important sera celui du prix : ne pourront participer au programme que les chevaux dont le prix de vente se trouvent dans la fourchette de 4000 – 8000 €.Le programme s’adressera aux chevaux de 3 ans qui prennent 4 ans, dans un premier temps. Par la suite, nous pourrons considérer d’intégrer les 4 ans, qui seraient d’un niveau équivalent aux 3 ans, c'est-à-dire encore pas ou peu utilisés rentrant dans les critères prix. »

Rassemblement les 27 et 28 novembre 2011, à chazey sur ain

Une fois les différents acteurs identifiés, comment va se passer la mise en relation de l’éleveur et du centre équestre ?

Yves Chauvin :« Nous allons mettre en place des rassemblements importants de chevaux sur des zones correspondant à une large clientèle potentielle. Ces regroupements devront concerner au moins une centaine de chevaux par point de rassemblement. L’idée nouvelle c’est de créer une caractérisation qui sera réalisée conjointement entre les experts des centres équestres et nos experts juges. Déjà des rendez-vous de travail ont été pris pour établir une grille de jugement commune qui amènera une catégorisation adaptée à la demande des centres équestres en trois catégories selon les critères recherchés. Cette catégorisation se déroulera sur 2 ou 3 jours suivi de deux jours de mise en marché, essai avec achat des chevaux concernés.

Nous allons débuter sur le site de Chazey à proximité de Lyon :la Bourgogne, la Franche-Comté et Rhône-Alpes ont ainsi ont été identifiées seront les régions pilotes. Nous avons rencontré dernièrement les représentants des centres équestres et des éleveurs, des CRE et ils se sont montrés motivés à jouer le jeu avec nous. Les éleveurs qui souhaiteront mettre un cheval dans le programme, en ayant vérifié au préalable que le cheval correspond aux critères demandés (notamment le premier critère du prix), devront acquitter une inscription, pour l’expertise de leur cheval et la pension au box sur deux ou trois jours. »

Les chevaux seront-ils achetés lors de ces journées ?

Yves Chauvin :« A l’issue de ces journées, nous avons envisagé deux types de contrats de ventes possibles avec les centres équestres :

  • Le centre équestre achète 100% de l’équidé, une commission sera réservée pour le centre équestre acheteur de 10%.
  • Le centre équestre fait acheter un cheval à un de ses clients. Commission de 10 % sur le prix de vente, qui sera stipulée dans le contrat.

Dans les deux cas, c’est le vendeur qui rémunère cette commission. Cela va apporter de la clarté dans la transaction ce que demande en grande partie la clientèle. Le GHN travaille actuellement sur des contrats de vente types appropriés au projet. Il y aura aussi la possibilité de trouver un financement adapté pour aider à l’achat du cheval concerné. »

Et ensuite, quelle option sportive s’offre aux nouveaux propriétaires, acquéreurs d’un jeune cheval prenant 4 ans ?

Yves Chauvin :« En discutant avec de nombreux clubs et avec le GHN, il apparait clairement qu’un objectif sportif doit être offert au cavalier. Cet objectif sportif va également permettre aux centres équestres de s’approprier le projet, c’est la clé de la réussite de celui-ci. Nous avons établi plusieurs rencontres avec la FFE à ce sujet, pour envisager avec eux les possibilités de « mettre en avant » ces jeunes chevaux faisant partie de notre programme de commercialisation.

Il n’y aura pas de création d’un nouveau circuit spécifique :

c’est techniquement impossible, le circuit national étant déjà bien chargé. Les chevaux participant au programme serontintégrés aux circuits existants. Il y a l’heure actuelle deux circuits sur le marché, le circuit amateur et pro et le circuit SIF qui est spécifiquement adapté au centre équestre. Le but est d’utiliser les épreuves existante de ce circuit (club 1, club 2, club 3)pour faire participer aux projets les clients de centre équestre adeptes de ces compétitions.

Celui-ci représente près de 50% des engagements de la FFE, c’est le circuit amateur par excellence et il est en expansion. C’est là que ce se trouve le gros de la consommation amateur sportif, c’est là que se trouve le potentiel important de nos futurs clients.

Nous allons mettre en place avec la FFE des finales pour les chevaux du programme sur ses différents circuits (Club, Ponam,Championnat Amateur du Mans, Meeting des propriétaires). J’y vois un réel avantage : en permettant à ces chevaux rentrant dans ce nouveau programme amateur sportif nous pourrons être présents et ainsi toucher toutes les catégories de clientèle d’un centre équestre. Lors des finales, les Associations Nationales de Races pourront récompenser spécifiquement les cavaliers ayant « joué le jeu » et acheté un jeune cheval de nos élevages. Par ailleurs, les cavaliers de centres équestres et leurs coachs pourront participer deux ou trois fois dans l’année a un suivi de formation qui leur sera spécifiquement réservé, ce sera un service très important apporté à l’acheteur ou au centre équestre qui aura investi dans un jeune cheval.

Deux ou trois sessions de formation par région, au cours de l’année suivant l’achat, avec un cavalier spécialiste des jeunes chevaux seront organisées. Cela permettra de faire le point avec chaque binôme «cavalier-cheval », de les conseiller, et de les aider à progresser. »

Quid du cycle libre existant ?

Yves Chauvin :« Il est bien entendu que le circuit jeunes chevaux SHF Cycle Libre fait partie intégrante de notre projet. Il mérite d’être réformé d’une manière énergique pour répondre demain encore plus qu’hier au besoin des cavaliers amateurs de jeunes chevaux à qui il est destiné. »

Il correspond plus à la clientèle amateur club individuel qui se participe par ces propres moyens à la formation de son jeune cheval, il touche une clientèle différente du circuit club qui répond a une autre attente de la clientèle. Les deux circuits sont complémentaires. Je dirai tout simplement que qui peut le plus peut le moins et il est important que les deux circuits fassent partie intégrale du projet.

Quel intérêt le centre équestre a-t-il à participer à ce programme ?

Rassemblement les 27 et 28 novembre 2011, à chazey sur ain

Yves Chauvin :

  • 1. L’installation de nouveaux centres équestres amène de plus en plus de concurrence entre ceux ci. Beaucoup de centres équestres désirent se positionner sur le créneau du sport loisir. Une grande partie de la différence à venir sera liée à la qualité de la « cavalerie proposée »et en cela nos chevaux répondent à ce besoin.
  • 2. La clientèle du centre équestre évolue et elle est aussi en recherche de nouveau projets comme celui de se former ou de faire former un jeune cheval pour en profiter après.
  • 3. Le centre équestre fidélise un futur pensionnaire dans ses écuries.
  • 4. Le centre équestre peut former lui-même le jeune cheval pour son client pour demain.
  • 5. De plus nous étudions la possibilité de créer une « Balladurette» d’un montant de 500€ par animal acheté qui serait une aide au centre équestre acheteur ou au client du centre équestre acheteur qui participera au circuit SHF ou Cycle Libre selon son bon vouloir.

Quels intérêts les éleveurs auraient-ils à participer à ce programme ?

Yves Chauvin :« L’objectif du programme est de faire bénéficier aux éleveurs d’un nouveau débouché pour leurs chevaux. Dans le cas où l’éleveur ne pourrait pas, ou ne souhaiterait pas, augmenter ses dépenses de valorisation sur un cheval, ce programme peut lui permettre de trouver un débouché pour son cheval le plus rapidement possible ; c’est le rôle de l’ANSF de les aider à commercialiser leur production.

Par ailleurs, nous assistons à une augmentation très importante des importations de chevaux étrangers, dont les débouchés sont en partie, les centres équestres. Nous sommes convaincus que ce projet peut en partie aider à diminuer cette tendance, il est important pour nous de reconquérir des parts de marché.Enfin, n’oublions pas que pour la plupart des cavaliers d’un centre équestre, acheter un cheval, même à 5 ou 6 000 euros, est un luxe. Avec ce programme, nous leur permettons d’acquérir un cheval de meilleur potentiel que la cavalerie qu’ils montent habituellement, et de l’emmener sur une finale.

Je suis convaincu que les deux parties, éleveurs et centres équestres, ont beaucoup à gagner avec ce programme. Créer un courant d’affaires durable entre les deux parties est un objectif que nous nous sommes fixés.

Et nous devons nous réjouir d’offrir la possibilité à des cavaliers de centres équestres d’évoluer avec un jeune cheval de qualité de nos élevages !»

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